Dany

Les relations extraconjugales

Le saviez-vous

Il y a quelques années, une enquête a révélé que 30 pour cent des femmes américaines “avaient des relations sexuelles extraconjugales”. Lors d’une enquête plus récente faite auprès de plus de 100 000 femmes mariées, 50 pour cent ont reconnu “avoir eu au moins une aventure”. Commentant cela, quelqu’un a dit que peut-être “90 pour cent des hommes mariés” trompaient leur femme.

Vous l’aurez deviné chers lecteurs, j’ai décidé de m’appesantir cette fois sur le plus grand phénomène, que dis-je, le plus grand FLÉAU de malhonnêteté chez les couples : les relations extraconjugales.

Je vois déjà le visage de certaines personnes tout froncé parce que j’ai dit «malhonnêteté». Oui pardon. Mais mes propos, je les assume. Parce qu’il existe une race de personnes (oui je dis race de personnes parce qu’il faudrait les…exterminer) pour qui ce genre de relation est utile voire nécessaire pour le développement et l’épanouissement de l’homme au quotidien… ah bon?

Le phénomène est dans nos mœurs passé pour normal, et ne pas avoir une relation extra conjugale, c’est tout simplement être lâche. Un homme, un vrai, c’est celui-là qui a déjà gouté à plusieurs sources d’eau[1]. Certains pros vont même jusqu’à avoir plusieurs aventures instantanément; on parle alors de deuxième, troisième, étécératième bureau. Chez les femmes, c’est pareil. La philosophie du moment est qu’un seul homme ne suffit pas dans leur vie.

Le plus désolant encore, c’est quand la religion, organe par excellence de la piété, s’y mêle et trouve aussi cela : normal… Quoi? Un article paru dans le Courier-Mail de Brisbane (Australie) a confirmé en ces termes que les religions de la chrétienté ne constituent pas un rempart contre l’immoralité: “Quand des évêques et des chanoines (…) affirment que les relations extraconjugales sont peut-être un acte de charité qui ‘proclame la gloire de Dieu’, (…) que la fornication n’est pas un mal en soi et que l’adultère n’est pas nécessairement un péché, les femmes et les hommes moyens, et particulièrement les adolescents, ne savent plus distinguer le bien du mal. Toute cette propagande en faveur d’une ‘nouvelle moralité’ a renversé les barrières morales.

OK… Dans quelle monde sommes-nous là? Je veux comprendre… Et je suis sûr, vous aussi. Petit détour en arrière

La vie, c’est un contrat

« Moi Dani, je te prends toi, Armelle, pour épouse, et promets de t’aimer, de TE RESTER FIDÈLE, et de bla bla bla… »

source: https://www.aufeminin.com ©
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Oh! C’est une fiction! Votre imagination vous amène loin des fois… eh oui, vous la connaissez cette fameuse phrase. En fait, le jour de leur mariage, l’homme et la femme s’engagent solennellement à s’aimer l’un l’autre et à se rester fidèles. Pourtant, de nombreuses unions finissent brisées par l’adultère. La vie c’est un contrat. Et chaque co-contractant se doit de respecter l’ensemble des clauses contractuelles. Alors d’où vient le fait qu’après quelques temps, on est fatigué de celle ou de celui qui partage notre vie? Grandement je m’étonne. L’amour du début s’est-il estompé peu à peu au point de s’éteindre? La possibilité que cette flamme se ravive est-elle seulement par quelqu’un(e) d’autre?

A quoi cela est-il dû? En gros, on est marié, mais des problèmes naissent : sentiment de solitude, indifférence, tensions au sein du couple, colère, manque d’attention et de tendresse, appétit sexuel non rassasié, ta tête m’énerve déjà. Et le point culminant, c’est que face à cela, on a le mauvais et dangereux réflexe d’aller se «confier» ailleurs, ce qui donne lieu à la catastrophe. La solution facile, qui rend la vie de couple difficile, et qui en fin de compte divise la famille.

Interdit, mais rarement puni

Le terme juridique qui désigne les relations extra conjugales est «adultère». Je sais que ce mot fait mal, mais c’est la loi. Et çà ne date pas d’aujourd’hui : depuis toujours la loi, qu’elle soit biblique ou judiciaire, condamne cette pratique. Malheureusement aujourd’hui comme dans le passé, l’adultère est généralement interdit, mais rarement puni.

Le quotidien, l’envie de voir ailleurs… tout cela fait qu’un jour, chacun et chacune va –sauf exception– être « prêt » à tromper son partenaire. Encore faut-il alors qu’il ou elle ait des occasions de rencontre. Pour ce faire, il existe trois grands lieux : Internet, les vacances (j’y inclus les soirées) et… le travail! Quoi de plus normal. C’est au travail que l’on passe la majorité de son temps, on fait attention à ce qu’on a porté, à la façon d’être présentable, à ce qu’on dit et à la façon dont on le dit… Parce qu’on côtoie chaque jour plusieurs personnes, et souvent même on y rencontre de nouvelles. Le travail apparaît comme un endroit privilégié où des relations à titre privé – voire intimes – et qui ne demandaient finalement qu’à croître, vont pouvoir éclore sur le terreau des relations professionnelles.

 Les conséquences

L’adultère en tant que manquement à l’obligation de fidélité constitue en premier lieu une cause de divorce, ou de séparation de corps. Une cause de divorce en ce que l’adultère constituera de fait une faute selon les termes de l’article 242 du Code civil. Par suite, le conjoint qui commet l’adultère s’expose à se voir prononcer le divorce à ses torts. Au surplus, l’adultère peut être sanctionné sur le terrain de la responsabilité civile, si la faute en tant que telle provoque un préjudice pour l’époux qui l’a subi, ce dernier réclamant une indemnisation par la voie de dommages et intérêts.

Pour ça, le code de lois est excellent, avec les termes pompeux. En réalité, la majeure partie des couples ne se remettent pas du tout d’une relation extraconjugale. Pour autant, y a deux options possibles :

source: https://www.jw.org ©
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 – Si le conjoint découvre votre infidélité, soit il vous quitte, soit il vous pardonne (oui la deuxième possibilité-ci marche à 0,000001%, parce que voilà une bonne raison légale aussi pour lui d’aller voir ailleurs). Toujours est-il que oui, plus rien ne sera comme avant. Et les enfants, si vous en avez?

 – Si le conjoint ne découvre pas, on vit avec la conscience lourde (encore faut-il avoir regretté son acte, surtout avec tous les gigolos et les gigolottes qu’il y a ici dehors). Comment cacher un tel secret à celui que vous aimez ? Comment recevoir cette confiance qu’il vous accorde, tout en sachant que vous lui mentez ouvertement ? Si vous ne perdrez pas l’estime de votre conjoint, vous risquez bien de perdre la vôtre. Avec pour conséquence possible un comportement fuyant, voire agressif, qui détruiront peut-être davantage votre couple qu’une infidélité avouée.

À bien réfléchir, était-ce à çà qu’on voulait arriver dans cette vie de couple?

Rien n’est perdu

source: https://www.jw.org ©
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La douleur est si profonde, mais est ce pour autant que c’est la fin? Non, rien n’est perdu. On peut réparer un préjudice, on peut tout autant réparer une infidélité. Le maître-mot, le pardon… La plupart des chrétiens connaissent et récitent bien cette partie du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé ». L’adultère, ou les relations extraconjugales, est(sont) une offense qui fait tellement mal. Pourtant, il faut pardonner. Le conjoint regrette-t-il sincèrement son acte? Est-il prêt à faire des efforts et à construire davantage pour que le couple reprenne sur de bon rails? Alors, pardonnons. Offrons-lui cette chance de se rattraper. C’est notre obligation, c’est notre couple, c’est notre vie.

Les médecins ont des vaccins, pour prévenir contre des maladies. Nous aussi, nous avons des vaccins, pour prévenir contre ce fléau : Éviter l’adultère en pensée (ce qui permet de stopper le processus pensée – désir – action) une bonne communication avec son conjoint (exactement la même qu’on entretenait avant le mariage), savoir gérer les conflits, éviter de passer trop de temps avec des collègues de l’autre sexe. ? Il n’est bien sûr pas défendu d’avoir des amis des deux sexes, mais votre conjoint est fondé à espérer le meilleur de votre temps, de votre attention et de vos ressources affectives.

Pardon, je ne suis pas conseiller matrimonial, je donne juste mon avis… Bonne lecture

 

[1] le terme “ source d’eau ” désigne ce qui procure le plaisir sexuel

 

Comme à l’accoutumée, ce thème nous a été imposé dans le cadre de #TheBlogContest. Je vous invite à parcourir les pages de mes compagnons de fortune pour découvrir leurs plumes sur la question. Faites un tour sur leurs blogs: ArmelleElieTchoupiTeclaireBikanda


C’est bon! Je vais immigrer

George était désespéré. Il ne parvenait pas à nourrir correctement sa famille. Dans le même temps, il voyait ses voisins tomber malades et certains mourir de faim. Or il savait qu’il pouvait aller dans un pays plus riche. Il se disait : « Je vais aller là-bas, chercher du travail et après, je ferai venir ma famille. »

Patricia rêvait elle aussi d’une vie nouvelle, à l’étranger. Elle était au chômage et avait peu de perspectives d’avenir. Elle a décidé de quitter le Nigeria pour l’Espagne, en passant par l’Algérie. Elle n’imaginait pas combien la traversée du Sahara serait dure. « J’étais enceinte, explique-t-elle, et je voulais offrir à mon enfant une belle vie. »

Rachel, elle, souhaitait prendre un nouveau départ en Espagne. Elle avait perdu son emploi, et ses proches lui avaient assuré qu’elle trouverait facilement une place de femme de ménage à l’étranger. Elle a donc emprunté de l’argent pour payer son aventure, puis elle a fait ses adieux à son mari et à sa fille, en leur promettant : « On ne sera pas séparés longtemps. »

Source: https://www.dakaractu.com/ ©
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Vous l’aurez deviné, nos trois personnages fictifs vont s’engager dans un de ces périples qui ne surprend pas aujourd’hui : l’immigration clandestine. Tant les hommes que les femmes et les enfants, tout le monde est impliqué dans ce fléau. La vie est dure, la vie est chère, aucune perspective d’avenir qui se dessine à l’horizon. Un puissant et méprenant sentiment d’échec nous envahit, et là, on prend une décision qui va changer le cours de l’histoire, de notre histoire : reprendre tout, repartir à zéro… dans un autre pays. Mais ce n’est pas que des raisons économiques qui poussent certains à « fuir » leur pays. Il y a aussi les catastrophes naturelles, la guerre, ou même la persécution. Tous pensent que c’est mieux ailleurs que là où ils se trouvent. Eldorado? Paradis? Je me souviens encore de ce père de mon quartier qui disait comme par hasard : « Ils pensent que l’argent pousse sur les arbres hein! Qu’ils partent… » Je riais, mais aujourd’hui force est de constater qu’il avait raison, car c’est une vision assez déformée de la réalité que ces personnes ont à l’esprit. Et parler d’aventure est on ne peut mieux adapté, parce que le plus souvent on ne sait pas à quoi on se livre, surtout aux barrières qu’on trouvera en route. Et si on glissait dans la peau d’un potentiel clandestin pour voir à quoi çà ressemble?

ATTENTION CECI RESTE UNE FICTION

Bonjour, je suis Dani, jeune originaire de la Rivière des Crevettes. Mon pays m’énerve, ma vie m’énerve… Je veux changer!

Calvaire numéro 1 : s’apprêter

On m’a informé du voyage et des risque que cela comporte. On va aller de Douala à Yaoundé normalement (bus). Puis de Yaoundé on prendra le train pour N’Gaoundéré. Plus tard, nous prendrons la route de Garoua pour Ndjamena direct! Cela devrait faire à peu près 3 jours. Là-bas, nous rencontrerons le passeur, Papy, qui nous emmènera de la capitale tchadienne  pour Sebha en Lybie. Ici encore, un autre passeur, Elie et sa barque, qui vont nous guider jusqu’à Pozzallo, un port sicilien. À partir de là, c’est chacun pour soi.

Mais je ne vais pas dire au revoir aux gens. Même mon bailleur, faut que je l’évite. Non! Il faut pas qu’ils sachent. Sinon ils vont refuser… Tout a raté pour moi . Ma vie est déjà si abominable que je ne veux plus être une source d’ennuis pour les autres. Je dois et je vais me battre seul… c’est encore Ma’a Foning qui nous disait hier à Bépanda que « La vie c’est la bastonnade ». Faut donc que je vende mes choses en catimini : télé, radio, aptop, chaises, table, etc. Puis, j’irai me ravitailler au marché : miondo, mintoumba, gâteaux Kumba, etc. Me voilà fin prêt, il faut que je cherche le Finexs de 2000. Adieu, les amis!

Calvaire numéro 2 : le voyage

Me voici à Yaoundé. Je ne connais personne, alors je dois errer aux alentours de la gare, en attendant 18 heures, l’heure de départ du train pour Ngaoundéré. Je ne payerai pas le billet…  je vais aller me mettre à 2 ou 3 km de la gare, sur la voie ferrée, et je vais m’accrocher sur un wagon. Il me faut économiser, je ne suis pas sûr de ce qui va m’arriver après. Et je me rends compte que je n’étais pas le seul à réfléchir de la sorte. Sur ma route, je découvre beaucoup de jeunes dans les buissons qui attendent le train, comme moi, Parmi eux, Tchoupi. On sympathise, attendant l’heure fatidique, et comme moi, il veut aussi immigrer… Enfin, voilà le train… 1, 2, 3, 4 , 5, 6 ,7, 8 wagons. Le 9e est le bon… allez, on se lance… je cours, mon gros sac de mintoumba au dos, et hop! Je m’accroche. Christian aussi. Quelques autres aussi… Un dernier, dont j’ai oublié le prénom, et que je connaîtrai peu, n’a pas réussi. En voulant attraper la trempe du train, il a glissé, et ses pieds ont très vite été écrasés par les roues du wagon. Il crie, mais on ne peut rien faire, de peur de se faire attraper… l’aventure pour lui s’arrête là, avec en prime un handicap physique.

Toute la nuit, je n’ai pas réussi à fermer l’œil : normal, j’étais dans une position inconfortable. Le matin, nous voilà presque arrivés à N’Gaoundéré. Non, nous sommes des fugitifs, nous n’entrerons pas en gare. Nous sautons encore dans une brousse inconnue à quelques encablures de la gare. Christian sort de son sac une machette bien limée. Hey! Ce gars est un maquis? Non, pas de panique. C’est juste pour se frayer un chemin autour de cette brousse inconnue qui nous entoure. Nous voici à présent dans un kabou-kabou, en route pour Ndjamena. Dieu seul sait à quelle heure on va y arriver… Après 500 km de route, se joint à nos côtés une certaine Armelle… Elle aussi dans la même direction. Au début elle est très timide, mais Christian et moi réussissons à la faire parler : c’est notre truc commun, juste que ça n’a pas payé. Armelle fera aussi partie du voyage jusqu’au « Nouveau Monde ». Mais est-ce qu’on a le même passeur? On synchronise nos contacts, chance! C’est le même Papy… cool, on sera encore ensemble.

Ndjamena, capitale du Tchad. Il est 11 heures, le soleil est de plomb. Je ne suis plus dans mon pays, le Cameroun. Tout m’est inconnu. À mes compagnons aussi d’ailleurs. Ils sont nombreux dans cette contrée, tous portent des boubous. Par le marché, on aperçoit des pagnes. Ils sont très beaux. C’était désirable à regarder pour Armelle qui, par instinct féminin, s’en rapproche pour en apprécier la qualité. Mais nous faisons vite de la rattraper dans son appréciation des couleurs et des tissus en lui chuchotant que nous sommes en situation irrégulière ici. On ne doit pas se faire coffrer. Enfin mon téléphone sonne. C’est Papy, qui nous indique un tchapalo dans lequel le trouver. On s’y rend, et rencontrons un gros monsieur. C’est effectivement lui. Il nous demande si on lui a prévu ses 300 000 F Cfa (100 000 F C fa par personne). Nous lui répondons oui, mais je lui précise qu’il ne les aura que le soir (je n’ai pas trop confiance sur le moment). Il accepte, et demande si on veut boire. Mais on a peur de gaspiller nos sous. Alors il acheter 1, 5 litre de jus, qu’on boira dans 3 gobelets. Heureusement Armelle est une fille valable : elle a toujours les mouchoirs lotus avec elle. On essuie nos verres et avalons très rapidement ce précieux nectar sous cette chaleur ardente.

Source: quebec.autoblog.com ©
Source: Quebec.autoblog.com ©

Je ne vous dis pas où j’ai dormi, je ne me souviens plus, mais à 2 heures du matin, Papy nous réveille. Au-dehors, une camionnette avec  bâche nous attend. Tchoupi et moi, on pisse un coup, puis on embarque. Armelle aussi… Dans cette camionnette, nous sommes finalement 35. La peur augmente lorsque Papy nous souhaite courage : « Cette aventure n’est pas facile, et vous le verrez en route, mais ayez confiance… et à partir d’aujourd’hui, voilà votre famille… du moins, jusqu’en Libye… » Dans la nuit, je réussis quand même à distinguer à travers les voix les différentes origines des uns et des autres. Il y a dons des Camerounais, mais aussi des Nigérians, des Maliens, etc.

1200 km plus tard, je suis désormais incapable de vous dire où je me trouve. Ce que je sais, c’est qu’à chaque fois qu’on s’arrêtait, on tremblait. Papy négociait avec les différents contrôleurs en route, des vrais raquetteurs qui à chaque fois venaient soulever la bâche et nous demander de ne pas mourir en route. Je voulais me faire à une réalité : que c’est des histoires, mais lorsqu’on a eu une crevaison, et qu’on s’est arrêté pour changer la roue, j’ai vu, et là j’ai compris : c’était un spectacle des plus ahurissants en plein soleil… Ma montre marche toujours, il est 13 h, çà fait 5 jours que j’ai quitté Douala. Autour de moi, des grandes étendues de sable. Mais je ne peux pas me concentrer sur ce beau spectacle, car il y en a un autre qui me décontenance. Une vingtaine de charognards en train de dévorer un corps. Horrible! Je demande la machette de Christian et je cours les chasser. Me rapprochant de la carcasse, j’essaye de fouiller les poches de son jean, et je vois son porte-monnaie… il était de nationalité camerounaise. Papy nous explique que ça doit probablement être un « aventurier » qui est mort en route. Apparemment, ses amis l’ont dépouillé avant de partir. Mais Christian ne pense pas. On le fouille davantage, et là, dans une poche cachée de son jean, on trouve une liasse de billets de 10 000 F Cfa : 150 000 au total. « Le Seigneur n’abandonne pas ses enfants, s’écrie Christian. Viens Dani, on va utiliser l’argent là ». Je le suis, tout naïvement. Aussi bien je suis gêné par ce que je vois, que je suis perdu dans mes pensées. Je ne sais plus si c’est le vol ou bien juste prendre quelque chose en route, je suis perplexe. Les roues sont OK, nous voilà repartis.

Calvaire numéro 3 : nourriture & boisson

J’avais fait mes réserves de miondo et de mintoumba que j’avais bien emballées dans mon sac. Mais le comble c’est que puisque je voyage avec de la nourriture constamment sur moi, j’ai constamment aussi envie de grignoter. Je me fais un mintoumba bien pimenté avec une boîte de sardines. Très vite, les 34 autres ont les mêmes envies que moi. On mange en groupe comme au restaurant de l’université de Douala. On est solidaire, à la manière des mercenaires lancés contre le jihad. Le gros problème c’est que dans ce désert, il n’y a pas d’eau. Nos réserves/gourdes sont vides. Sous cette chaleur accablante et caniculaire du désert saharien que nous traversons, rien à l’horizon, même pas un ouadi. Je repense à tous ces villages de Garoua et de Maroua que nous avons traversés, et où devant chaque maison, il y avait un canari pour étancher notre soif. Ici, rien que du sable, une température sèche. Même quand j’ai le palu, je ne chauffe pas autant. On doit être dans les 42 à 45 degrés. Armelle propose qu’on racle chacun sa gorge, pour essayer de faire remonter un peu de salive. Imaginez-vous à quoi nous ressemblons tous à ce moment-là. Les sons les plus pourris qui s’exécutent en cœur dans le but de récolter un peu de liquide dans le fond de nos gorges. Mais même la chaleur a séché çà. Un de mes voisins n’arrivant plus à supporter la température s’écroule dans le camion. On a dû le sortir de son évanouissement avec des claques. Et là, un Nigérian a eu une de ses idées que je n’arrive pas à percuter jusqu’à aujourd’hui : que mon voisin se fasse une petite entaille, et boive son sang. Quoi? Qu’il fasse quoi? On est où là?

Calvaire numéro 4 : nostalgie

Je ne sais pas pourquoi subitement, je me suis remis à penser à Douala, ma ville. Le brouhaha  de Ndokotti, les ambiances de la rue de la Joie. Les beignets haricot me manquent déjà, je me retrouve avec une nourriture qui constipe. Je revois mes neveux, surtout eux, je revois mes frères mes sœurs, mes tantes et mes oncles. J’imagine ma mère, tout anxieuse, dans les bras de son mari. Je suis sûr qu’ils me cherchent dans tout Douala depuis une semaine déjà. Et je connais mon père : radio, télé, presse, on va lancer les communiqués partout. Qu’ai-je fait? Mon esprit devient partagé. Le regret m’envahit. J’en parle à Tchoupi, qui me rassure qu’il a eu les mêmes sentiments que moi, et que ça va passer. Sa part est finie quand nous sautions à N’Gaoundéré. Je repense encore aux raisons pour lesquelles je suis parti, et je me console avec l’idée selon laquelle ils seront tout heureux de me revoir quand je les appellerai, et des années plus tard quand je reviendrai leur rendre visite avec plein de fric. « Je vais aller là-bas, chercher du travail et après, je ferai venir ma famille » me disais-je, comme George cité plus haut.

Calvaire numéro 5 : barrières linguistiques

Nous voici enfin arrivés à Sebha, petite oasis au milieu du désert libyen à 660 km de Tripoli. Mon téléphone n’a plus de réseau, plus de batterie. L’application Translator que j’avais pris soin de télécharger pour essayer de m’en sortir ne marche pas. Papy, appelle son colistier, Elie (le second passeur) que nous devrions rencontrer. Christian et Armelle essayent de parler aux passants qui, ne comprenant pas leur langage, les regardent tout bizarrement. Je découvre avec stupeur qu’ici on parle plusieurs langues dites « berbères » : le berbère nafusi, le zouara, le tamahaq… pas possible de trouver même quelqu’un qui parle anglais. Enfin on voit un homme ayant un début de calvitie et des lunettes s’approcher de nous. Très nerveux, il va directement rencontrer Papy et commence à le savonner. Ah tiens! Ma salive est revenue, j’avale un bon coup parce que je ne sais pas ce qui va se passer après. Armelle a déjà paniqué (les femmes hein!). Elle a peur qu’on nous arrête. On essaye tant bien que mal de la rassurer, quand Papy nous rejoint. Il essaye de nous donner la teneur de la discussion avec son homologue, martelant qu’il est grincheux, râleur comme à son aise. Mais qu’il est un peu gêné parce que personne ne comprend l’arabe… en tout cas son neveu Ange, va nous y aider, et voilà comment même sans le vouloir, je dois payer des cours improvisés d’arabe, venant d’un petit gars qui fait le CE1. Vraiment ma vie hein!

Calvaire numéro 6 : la périlleuse traversée

Source: www.voyageperou.info ©
Source: www.voyageperou.info ©

Nous sommes des clandestins. Le fort de nos déplacements, c’est la nuit. Et même pour traverser, ce sera çà. Elie et Papy nous cachent encore dans la vieille camionnette pour nous amener dans un port de pêche. Là, une barquette, plus petite que le derrière du camion où nous avons voyagé, nous attend. Quoi? Nous 35? C’est là que j’ai compris l’expression pleine de sens « compressés comme dans une boîte de sardines ». Je prie… d’ailleurs, avec tout ce que j’ai déjà fait, je me demande si Dieu m’écoute encore. Mais je prie quand même. Curieusement les autres le font aussi. Je savais qu’en général, quand on bâille, les autres à côté de toi ont aussi envie de bâiller; quand on pisse, c’est pareil : les autres ont envie de pisser. La prière s’ajoute désormais à ce registre.

Il est 2 heures, ma montre fonctionne encore. La traversée commence. Il fait nuit, on ne va que tout droit. La peur est à son comble. Pas moyen d’apprécier quelque chose autour de nous, car entourés de noir. Au moins, on apprécie les quelques étoiles. J’ai soif. Mais on nous avait demandé de ne pas boire l’eau de mer. Heureusement, j’avais puisé de l’eau dans mon bidon à Sebha, et je dois reconnaître que le goût de celle-ci est très différent de ce qu’Obouh Fegue nous sert à Douala. Je ne peux pas m’endormir, j’ai peur… si je m’adosse, et je tombe, c’est fini pour moi. Aux lueurs du matin, quelques Maliens vomissent dans l’eau; apparemment ils ont le mal de mer… Autre évènement imprévu : les éclairs zèbrent le ciel, le vent souffle, notre barque commence par être ballotée par les eaux… Elie essaye de nous rassurer, mais dans sa langue; il ricane même. Je n’ai rien compris, je regarde Christian qui hoche les épaules, comme pour me dire « éhkiéh tu crois que je sais ce qu’il a dit? Non-moi oooh! » La pluie commence. Nous sommes tous mouillés. Personne n’avait prévu de parapluie. Le vent ne cesse de déferler, mais au loin on aperçoit la terre : le large des côtes siciliennes.

Reste 800 mètres… c’est la distance qui nous sépare de notre futur Eldorado, Pozzallo. Elie et sa barque n’avancent plus. Leur contrat s’arrête là. Si  nous voulons continuer, ce sera à la nage. Les gens ont beau bavarder et crier, ça ne dit rien à notre passeur. Tchoupi se lance… je deviens perplexe. Dans mon esprit, je me demande à ce moment-là pourquoi je refusais d’aller avec des amis apprendre à nager à Happy Sports et Loisirs. Les autres plongent aussi, je fais pareil… cette eau est électriquement froide. J’ai l’impression de  vivre ce qu’on décrit de la formation de nos militaires à Koutaba. J’ai un sac de près de 20 kilos sur le dos, complètement mouillé, en route vers une rive inconnue… Nager, est-ce difficile que çà? J’ai vu comment les autres le faisaient à la télé, donc je peux aussi bien le faire. Pendant ma nage, je dépasse certaines personnes qui s’étaient lancées avant moi. Leurs forces s’amenuisent, il va être difficile de les soutenir. C’est « chacun pour soi ».

Calvaire numéro 7 : aux arrêts

Je suis épuisé. Mes forces m’ont abandonné. Je n’ai jamais nagé autant de ma vie. Je ne sais même plus où sont mes compagnons de fortune. Je n’ai qu’une envie, dormir… je récupérerai des forces, et je continuerai plus tard. J’ai trouvé un petit refuge au niveau du port pour m’y reposer. De mon sommeil, je suis réveillé par ces mots « Signore, Signore, le tue carte! », ce qui traduit signifie « Monsieur, Monsieur, vos papiers! ». C’est une dame qui m’interpelle, et il ne me faut pas 10 secondes pour lire ce qui est écrit sur son habit : POLIZIA. J’essaye de courir pour m’échapper, pensant qu’elle était seule. ERREUR! 2 policiers sont devant moi. Pour une sortie de réveil, celle-ci est brutale, je dirai. Tous mes espoirs tombent à l’eau. La seule chose que je connaîtrai de Pozzallo, c’est le commissariat. Elle est triste ma vie.

Arrivé, au commissariat, me voici flanqué comme un malpropre dans une de ces cellules propres que tu as envie d’y rester. Pas ces cabinets de défection que sont les cellules pourries des commissariats à Douala. Dans mon caveau, je retrouve Tchoupi et Armelle. Je suis à sentiments partagés : autant je suis heureux de les revoir que je suis triste que ce soit dans ces conditions. L’aventure sicilienne s’arrête là. Que va-t-il nous arriver? Je ne sais pas. J’essaye de demander s’il y a un policier qui comprend le français. Un policier se présente à nous et nous explique que nous serons confiés aux forces de l’ordre et renvoyés dans nos pays, sur la base de notre carte d’identité, et  là, je m’imagine à New Bell ou à Nkondengui. Même si pour une fois de ma vie, je prendrai l’avion. Ce n’était pas çà l’eldorado que je m’imaginais. Quelle galère!

Tant de souffrances pour rien. Je voulais changer ma vie, elle a changé en pire…

NB: FICTION REFLÉTANT LA RÉALITÉ. LES CAS TRAITÉS SONT INTERPRÉTÉS PAR DES ACTEURS

PS: Ceci est une thématique imposée par #TheBlogContest. Merci Denise pour ce thème assez particulier…

Ça vous dirait de voir comment mes amis se sont exprimés sur le même thème de l’immigration clandestine? Alors faites un tour sur leurs blogs: ArmelleElieTchoupiTeclaireBikanda


Douala, l’autre face…

Chaque fois que je me suis arrêté pour réfléchir à ce qui se passe autour de moi, je suis toujours arrivé à la triste et pourtant vraie conclusion selon laquelle nous vivons une époque formidable. Je pense à ma vie, pleine de mésaventures, avec ses hauts et ses bas, mais je repense aussi à ma ville, avec le visage tout nouveau qu’elle prend.

Douala, ma chère ville, a aujourd’hui des allures de Golgotha. La peur est le quotidien des habitants, ce qui entraîne que notre bien aimée cité fasse partie des 10 villes les plus insécurisées du monde. Ville hantée? Ville tourmentée? Les citadins n’arrêtent pas de se demander ce qui se passe dans cette cité économique. Non que l’économie ne marche pas! Elle court même… Mais vivre à Douala est un vrai parcours du combattant. Pourquoi? Venez le découvrir ici :

https://cameroonwebnews.com/ ©
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Les embouteillages : un problème majeur qui paralyse la ville. Et çà ne date pas d’hier, ni d’aujourd’hui, ce qui ne nous laisse même pas présager que demain ce sera ok. Ndog Bong, Makepe, Bonamoussadi, PK8 Village, etc. Chaque matin et chaque soir, ils sont des milliers à être stressés, asphyxiés par les bouchons quotidiens. Non seulement il n’y a pas assez de routes, mais même le peu qu’il y a ne suffit pas à satisfaire tout le monde : chaussée réduite, mauvais état de la route, pas de trottoir. Et c’est ce qui va souvent pousser des conducteurs mercenaires à aller joncher ce qu’il y a comme espace piétons avec une 3ème file de voiture. Ah! J’oubliais, les fameux moustiques de la route que sont les benskineurs (oui je sais! Vous m’en auriez voulu si je ne parlais pas d’eux). Il s’avère qu’ils savent être la maladie et le remède, en fonction du contexte. Dans certains cas, ils sont la cause de ces interminables bouchons, et dans d’autres cas, puisqu’ils savent si bien faufiler entre 2 véhicules, ils sont la solution à la grosse difficulté de retard et au stress liés aux embouteillages quotidiens. Un responsable trouve un parking, y gare son véhicule, prend ses affaires, stoppe la prochaine moto et lui propose un prix faramineux pour arriver au boulot. Le véhicule, il reviendra le prendre plus tard. Peut-être même à son retour. Et ça ne gênera personne… Bien des fois, les deuils (oui les deuils) sont des grandes causes d’embouteillage. Quand une tribu que je ne citerai pas perd un membre, la levée de corps se fait en route. Rien que çà! Donc, une partie de la chaussée va être occupée par des chaises, et les véhicules – qu’ils montent ou qu’ils descendent – ne devront se contenter que d’une voie.

L’inondation : le drainage des eaux est un réel problème dans notre chère cité économique. Des fois en temps de pluie, une bonne partie du peu de routes qu’on a est impraticable. Il suffit d’une pluie un peu forte pour que les eaux sorties des drains et des rigoles inondent les maisons et les routes. Les caniveaux sont à la fois étroits et bouchés. La ville devient vraiment une rivière, mais pas de crevettes : une rivière jaunâtre de saletés et autres débris nocifs et autres ordures ménagères. Pour Jules Kemajou, expert en aménagement urbain et rural, le problème est encore plus complexe. Car, Douala est assise sur des terres basses et la nappe phréatique est proche du sol, ce qui facilite la remontée des eaux. La ville de Douala est l’une des zones les plus pluvieuses au monde à cause de sa proximité avec le Mont Cameroun, et c’est par évaporation que les eaux de Douala baissent. Vous vous imaginez donc tous les habitants d’un quartier qui sont bloqués chez eux si après une forte pluie il n’y a pas un soleil qui se pointe? Quelle tragédie!

Source: https://www.doualart.org/ ©
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Les insolites : Douala, la ville qui jonche la rivière des crevettes, est aussi le lieu où les histoires les plus folles et les plus raffinées se déroulent :

  • Pélagie, accompagnée de sa camarade, parcourt le marché du soir de Ndokoti lorsque, attirées par les sous-vêtements, elles testent et jaugent ceux-ci. Soudain, Pélagie profite d’un moment d’inattention du vendeur et glisse dans la poche arrière de son pantalon un slip. Malheureusement pour elle, un autre vendeur observe le manège et prévient son voisin. Ceux-ci décident alors de la mettre en tenue d’Adam et lui faire porter l’objet du vol sur la tête.
  • Un homme âgé d’environ 40 ans a été poignardé par un vendeur de fruits dans le fourre-tout au Rond-point Déido le 1er septembre dernier en début d’après-midi. Ce vendeur, parti servir un client à bord d’un véhicule garé non loin de là, a la surprise de constater qu’un homme à bicyclette s’est saisi du couteau du vendeur d’ananas pour couper une corde sale qui le gênait dans ses mouvements. Devant cette mauvaise utilisation de ce qui lui sert à éplucher ses fruits, le vendeur à la sauvette déclenche une bagarre avec cet homme. Malmené, le vendeur se saisit du même couteau et poignarde le cycliste dans le dos. Ce dernier n’a eu la vie sauve que grâce à la réaction rapide des passants.
  • Shell Dakar : une femme, la vingtaine, se ballade bien vêtue dans la rue, avec à ses mains, un sceau d’eau, une serviette, un savon. Puis contre toute attente, au bord de la route, elle se déshabille, et commence à prendre un bain. Toute sereine, elle ne se sent ni gênée ni intriguée par ces innombrables badauds, essentiellement constitués de benskineurs, de taximen, et de toute sorte de vendeurs à la sauvette, qui face à cette scène se mettent à crier, brandissent leurs téléphones afin de garder des souvenirs de ce qu’ils voient.
  • Et ce n’est pas encore fini…

Les accidents : Ici, j’ai repensé à l’incident le plus tragique qui s’est produit récemment : 30 septembre, la vie est brutalement arrachée à une dizaine de personnes parce qu’un camion a perdu ses freins. Il est 19 heures. Eunice y était, et nous a brutalement quittés ce soir. Les questions se multiplient. Le camion là roulait à 19h comment? Que fait un camion a une heure de pointe? C’était quel genre de camion comme çà? Qui avait même fait sa visite technique jusqu’à lui donner le ok? Mais ce n’est pas tout. Je repense aussi à Akwa-Nord, où une femme enceinte et son jeunot ont aussi perdu la vie, écrasés de la manière la plus tragique et catastrophique possible comme par hasard…par un camion. Ici, il est 19h45 environ. Je ne parle même pas des benskineurs, qui du fait de leurs multiples frasques, ont le privilège inestimable d’être le seul corps de métier à avoir un pavillon dédié à l’hôpital Laquintinie. Je repense à ces familles, tristes, meurtries, complètement abattues qui ne savaient pas que ce jour là, elles perdraient un être cher. Je repense à toutes ces personnes aux alentours, qui ont vécu ces images horribles, abominables je dirai. Elles ont échappé certes, çà aurait pu être elles, mais elles ont vu et compris que cette vie, ne se résume qu’à un petit souffle de vie qui peut disparaître si brutalement.

Je repense à ma ville, je repense à Douala…


Mondoblogueurs, Mondoblogueuses, je vous salue…

Une dédicace spéciale à toutes ces pépites merveilleuses qui viennent de rejoindre notre famille

Paul PERREAULT avait dit un jour: « Pour être heureux il ne faut pas trop chercher le bonheur… » Ce Monsieur ne pouvait pas imaginer combien il avait raison. J’ai la facheuse manie d’être heureux devant un bon plat de banane malaxée, un bon verre de foléré, ou bien ce soir  devant mon ordinateur (en écoutant du bon RnB). Mais les sources de bonheur, il y en a, tellement elles sont nombreuses.

Suzanne est heureuse de voir son petit bout de chou aller à l’école chaque matin, tout joyeux, dans sa jolie tenue. Alice est toute en joie lorsqu’elle retrouve son mari après des semaines d’absence. Éric Omed est tout heureux après une superbe émission qu’il a pilotée avec maestria pendant 2 heures. Mon ami Elie, lui est super heureux le vendredi soir, quand il pense sans cesse aux brochettes qui l’attendent du côté de l’ancien aéroport.

Je suis sûr chers lecteurs, que vous vous demandez encore une fois : « Mais Dani, tu veux en venir où au fait? » je sais, je sais, et certains l’ont compris, je suis heureux. Oh! Je n’ai pas eu de promotion hein (ça vient, on croise les doigts). Je suis heureux d’appartenir à cette famille Mondoblog, une plateforme bien assez particulière de RFI qui rassemble des centaines de jeunes blogueurs francophones d’origines variées, de cultures et de traditions différentes, mais liés tous par un point commun : la passion d’écrire…Cette famille s’étend désormais dans une quarantaine de pays. Chaque semaine, ce sont plus de 230 blogueurs qui viennent alimenter la plateforme pour partager leur quotidien à travers des billets culturels, des chroniques, des portraits, des analyses politiques. Dépeignant ainsi, loin des clichés et des préjugés et souvent avec humour, leur réalité.

Source: https://atelier.rfi.fr/ ©
Source: https://atelier.rfi.fr/ ©

Mondoblog, en gros, c’est un projet dynamique qui allie technologies de l’information et de la communication (TIC), formation internationale et professionnalisme, jouant un rôle majeur dans le développement d’un contenu francophone de qualité sur internet. Il contribue également au brassage des cultures et au renforcement des savoirs numériques et médiatiques dans les pays de l’espace francophone. Il s’inscrit dans le cadre des missions de RFI, de l’Institut français et de l’Organisation internationale de la francophonie qui œuvrent pour la promotion et la diffusion de la langue française dans le monde et valorisent la diversité culturelle.

Autant le reconnaître, çà semble être facile de produire un article, mais c’est bien de reconnaître le travail de fonds qui s’effectue derrière. Certains sont encore sur les bancs, d’autres exercent une activité professionnelle, en bref essayent de construire leur avenir, mais se donnent du temps de mettre par écrit une idée qui leur traversent l’esprit, de raconter de façon mitigée leur quotidien, leur environnement… ce ne sont pas des journalistes hors pairs, des communicateurs avérés; chacun y va de sa plume, et c’est cette différenciation qui, telle les couleurs d’un arc-en-ciel, est appréciable et fait plaisir à lire. D’autres mêmes ont déjà expérimenté l’aventure sur des plateformes diverses, mais le découragement les a rattrapés. Manque de temps, d’auditoire, de feeling; faut bien admettre que tenir un blog c’est aussi une course d’endurance. Et voir des personnes qui réussissent à le faire alors qu’elles ne sont pas rémunérées, ou bien n’ont aucune contrainte, çà montre ô combien elles aiment ce qu’elles font. Et ça, c’est exceptionnel

Ce qui me rend le plus fier, c’est de savoir que les miens  aussi se joignent à cette formidable aventure : j’ai été super heureux quand ma chère et tendre Armelle m’a appris qu’elle rejoint la famille; Anna aussi. Ça me rappelait l’extase que j’avais quand je reconnaissais certains filleuls académiques à leur rentrée dans mes années d’Université. Joie! Joie! Joie! La même que je ressentais à l’avant dernier concours. Les filles, je suis fier de vous. Par extension, à vous tous, nouveaux Mondoblogueurs et Mondoblogueuses, nous vous souhaitons une chaleureuse et cordiale bienvenue. Votre présence dans cette formidable famille nous honore…et nous rend heureux. Nous souhaitons de tout cœur que l’aventure Mondoblog soit belle pour vous, pour nous.

À vous chers lecteurs, MERCI ! du fonds du cœur. Vous lire nous honore, et c’est vous qui nous donnez la motivation et la poigne nécessaire pour continuer à réaliser ces billets.

Source: sites.google.com  ©
Source: sites.google.com ©

Peace!


Cinéma, mon beau cinéma, où es-tu?

Franchement, c’est un vrai mystère, d’ailleurs même, ça ne vaut même pas pour 25 FCFA la peine de se poser cette question, parce que tant dans le fonds que sur la forme, le cinéma camerounais dans son ensemble est une vraie merde perte. Quoi? Vous n’avez qu’à me huer, mais au moins vous savez que c’est vrai!

Source: Hervé Villard ©
Source: Hervé Villard ©

La descente aux enfers de notre cher cinéma date de 2003… Le Paradis, Eden, Le Grand Canyon, Le Berlitz, Abbia, Le Capitole, Le Wouri… que des beaux noms de somptueuses et magnifiques salles qui le temps passant, ont fermé. La clé n’est même plus sous le paillasson, on ne sait pas où elle est. Je découvre récemment, et avec beaucoup de stupeur que notre cher Ministère de la Communication avait même à l’époque une cinémathèque, à son sous-sol. Certains de ces espaces sont carrément devenues des salles agrées pour des assemblées d’églises réveillées. Oh Misère!

Le 7ème art au Cameroun est mort chers lecteurs. Ressources humaines, moyens matériels, logistique, assistance… rien, niet, nada! Pourtant une industrie culturelle qui est une formidable source de développement économique. Mais pourquoi? POURQUOI? Les gens ont les Oscars, les Césars, les Grammies… Nous on a quoi? Les Canal 2’Or? Je ferai mieux de me taire, sinon je risque perdre mes cheveux.

N’empêche qu’à bien regarder, çà n’inquiète personne, çà n’embête personne… et çà c’est un truc que je trouve quand même marrant chez le camerounais lambda. Pour lui, tu as l’impression que “tout est bon”, très bon même. Le prix du carburant augmente, çà ne dérange pas. Le prix du gaz augmente, aucun problème. La SONEL se marie, devient AES, divorce, devient ENEO, et continue à nous donner de l’Énergie Noire Et Obscure, aucun problème. N’est-ce pas les Lions Indomptables gagnent maintenant? Et c’est pour ça que le cinéma ne dit rien, plus rien aux gens.

Source: www.camer.be ©
Source: www.camer.be ©

Moussa a son café restau, il y a déjà une télé dedans. Ce qui était d’abord un restaurant simple, est devenu un vidéo club show. Tu entres, on te fait à manger, et tu manges en regardant un bon film. François dans son alimentation générale, a mis une télé… est ce que c’est facile? Les camerounais en général ont perdu le gout du cinéma camerounais, car plus rien ne les attire dans les salles… Dire que c’est pendant ces séances obscures et climatisées que certains venaient étoiler leur petite liane amie, s’arrachaient leur premier baiser à l’insu de tout le monde, que les confrères du « chabat »  venaient organiser le grand désordre, là où tu voyais une fille pleurer à grosses larmes, et interpeller toute la sécu du cinéma parce qu’elle s’est assise sur une chaise où il y avait une aiguille dressée, et un petit message à côté : « Bienvenue, tu as le SIDA ». Vraiment le bon vieux temps!

Mais il n’y a pas que la forme, les salles de cinéma qu’il faut déplorer, Malheureusement. Il y a aussi le fonds. Quel camerounais a encore sorti un bon film ou une bonne série? Çà fait belle lurette. Oui, je sais que beaucoup d’entre vous vont me parler du film Le Blanc d’Eyenga de Thierry Ntamack. C’est vrai qu’il faut reconnaitre le talent de ce jeune producteur. Mais ce n’est pas parce qu’on veut décrire les réalités de la société qu’on va tourner un film quasi porno! Et comme si çà ne suffit pas, les thématiques des productions de nos chers Ebenezer Kepombia (Mintoumba, les Déballeurs), Athanase Mvondo (Edoudoua non glacé, Coup de Balai), Jean de Dieu Tchegnebe (Man No Lap, Mon histoire) et autres tournent autour de la même chose : si c’est pas de spiritisme, c’est de sexe, ou de polygamie. En gros, c’est du refresh revisité par des cultures différentes. Quel film d’action? Les frères d’armes? Laissez-moi rire… rien que sa bande annonce en dit long sur lui.

Si le cinéma camerounais est aussi en déclin, c’est dû à un phénomène majeur aussi : la piraterie. Et ici, vous êtes nombreux à hocher la tête. Voilà! J’ai raison non? Sérieux, à quoi çà sert d’aller voir un film en avant première au Cinéma à 1500 FCFA, alors que le même film est à Ndokotti ou à Ecole publique à 500 FCFA sur un DVD Princo, que je peux même louer le même film toujours à ces mêmes carrefours à 200 FCFA et venir le remettre le lendemain? Encore que, je peux juste aller le copier dans le disque dur externe de Tchoupi, qui a pris le soin de le télécharger en torrent, et je le regarde sur mon ordi, avec un Chawarma non pimenté et un bon jus. Malheureusement, c’est pas faux ce raisonnement, et c’est ce que font plein de personnes aujourd’hui. En plus, le concurrent principal de la salle de cinéma au Cameroun, c’est le vidéo club, avec des prix ma foi exceptionnels : de 50 FCFA à  100 FCFA la séance, en fonction de la quantité d’action dans le film.

Mon article chute avec cette nouvelle ministérielle de Tata Ama Tutu Muna (MINARC), qui sous-tend que tel un phœnix, le cinéma camerounais renaîtra de ses cendres. Elle l’a dit, en Juillet 2013, depuis là, on attend…

Bonne Nouvelle: Expendables 3 vient de finir de télécharger… Je m’en vais regarder! Ciao…

PS: Ceci est un thème imposé par #theblogcontest. Merci Claudia de nous avoir fait tourner les méninges…

Ça vous dirait de voir comment mes amis se sont exprimés sur le même thême du Cinéma camerounais? Alors faites un tour sur leur blog: ArmelleElieTchoupiTeclaireBikanda et William

 

 


La vie est un Stress

Chaque matin, je ris…

N’allez pas croire que je suis un guignol, même si dans la vraie vie, j’en suis un. Mais au moins, quand je vois l’ensemble des choses qui vous arrivent, et qui m’arrivent, je ne peux m’empêcher de rire… non que je me moque, mais j’essaye à chaque fois de garder un état d’esprit positif, parce que la vie, au quotidien, est une histoire pétrie de rebondissement, surtout quand s’y mêle le stress… non, pas les tresses… je dis le stress… D’ailleurs, regardez la définition que donne notre cher wikipédia :

Source: www.formation-reiki.be ©
Source: www.formation-reiki.be ©

« Le stress (issu par l’anglais de l’ancien français destresse) est, en biologie, l’ensemble des réponses d’un organisme soumis à des pressions ou contraintes de la part de son environnement. Ces réponses dépendent toujours de la perception qu’a l’individu des pressions qu’il ressent. »

Bon ok, je sens que certains sont largués là… et c’est bien normal. Mais je suis sûr qu’une autre définition de ce mot, vous la connaissez, et même vous la vivez; parce que chers lecteurs, nous vivons avec le stress chaque jour. C’est comme un compagnon invisible qui passe le temps à joncher notre quotidien pour nous faire savoir que la vie est une pute vaut quand même la peine d’être vécue. Le stress, c’est :

Le matin… quand tu te réveilles, soit par ton réveil qui fait un bruit énorme (toi-même tu reconnais que tu es un paresseux gros dormeur, et tu as mis le volume au dernier niveau pour te réveilles). Tu te réveilles et tu penses directement à l’ensemble des choses que tu auras à faire cette journée; çà t’énerve, çà te stresse. Comme par hasard, tu commences à brosser tes dents, mais il n’y a pas d’eau pour rincer ta bouche… et par extension pas d’eau pour te baigner; #SnecFail. Tu ressembles alors à l’un de ces vieux pères du village qui aiment toujours marcher avec un bâtonnet dans la bouche, sauf que ton bâton, c’est ta brosse. Tu te décides à aller puiser de l’eau chez le voisin qui a un forage. Là encore ERREUR! Tout le quartier a réfléchi comme toi. Vous êtes prêts de 200 à attendre que bon monsieur (le voisin) se réveille, et ouvre le robinet de vie pour pouvoir soulager les populations.

Sourece: www.camer.be ©
Sourece: www.camer.be ©

En route… quand tu dois lutter avec les embouteillages infernaux du matin… et c’est là où tu te rends compte qu’aujourd’hui en 2014, dans ce Douala, quelqu’un qui t’offre une voiture ne veut pas ton bien. C’est un cadeau empoisonné chers lecteurs! Où sont les routes? Où est l’argent pour payer le carburant, qui va finir dans les embouteillages? Et ces raquetteurs policiers, des avant-gardistes de première classe, qui ne sont pas là pour te rappeler à l’ordre quand tu commets une erreur au volant, mais pour te prendre de l’argent… Avec la rentrée scolaire, c’est une vraie guerre pour trouver les taxis le matin. Et même quand tu les trouves, les prix sont énormes. Tu es obligé de bâcher sur la moto pour pouvoir t’en sortir… et malheur à toi si tu es cintré, ou bien en mode slim, avec des habits près du corps, parce que si en montant sur la moto ça se déchire… alors là!

Source: www.planetmedica.fr ©
Source: www.planetmedica.fr ©
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Au bureau… ici, ça ne manque pas. Et de tous les niveaux. Si ce n’est pas ton N+1 qui convoque une réunion à 8h, et n’est pas encore là à 10h30, ou bien insulte et critique ton travail alors que c’est textuellement çà qu’il va aller présenter en comité de Direction le lendemain, c’est ton (tes) N-1 qui ne vont rien comprendre à ce que tu attends d’eux, ou qui ne vont pas te remettre les travaux dans les délais… pas parce qu’ils sont bêtes (même si des fois tu as vraiment l’impression qu’ils le font), mais c’est parce qu’avec l’avènement des IT, les jeunots sont bien payés et passent la plupart de leur temps à glander sur les réseaux sociaux, ou en train de vouloir atteindre le dernier niveau de Candy Crush, Zuma, Bejeweled (fini l’époque du solitaire, du spider solitaire, ou du Free Cell). Voilà notre avenir stress de la nation. Je ne parle pas des fournisseurs qui appellent pour réclamer leur dû, ou bien des clients qui sont là pour te montrer que sans eux, tu n’es rien… À ce moment précis, même le yaourt le plus sucré du monde devient amer dans ta bouche! N’accuse pas tes papilles gustatives cher(e) ami(e) : c’est le stress…

Source: patientebwele.wordpress.com ©
Source: patientebwele.wordpress.com ©

Sur le trajet du retour… La jungle que tu as rencontrée le matin, tu la revois le soir, en pire même. Les embouteillages ont doublé, les tarifs aussi. C’est l’heure de pointe. Ici chez nous, la plupart se rabattent vers des voitures de secours qu’on appelle les cargos, les opeps, les clandos… les seuls ENGINS (et le mot est peu) de transport où c’est tout un sprint avec une lutte pour y accéder. Petite anecdote : Lundi soir, nous attendions notre cargo comme à l’accoutumée. Une mère et sa fille (disons de 7 ans) aussi. Le cargo n’avait même pas encore fini de garer qu’il était déjà plein… ouvert de tous les côtés, c’est chacun qui bouscule pour entrer. Dans le car, on entend ‘‘Ehkiéh ! Ma fille est où? Chauffeur pardon oooh attendez !!!’’ La maman avait tellement bousculé pour entrer dans le cargo qu’elle a oublié sa fille dehors. La petite était déjà en larmes, il n’y avait plus de place. On a dû la porter… Hey! Ne condamnez pas la mère, ce n’est pas une irresponsable. C’est le stress. Dans la voiture, tu entends de toutes parts : Paul Biya ici, Les Lions Indomptables là-bas, X Maleya devant, Boko Haram derrière. Le chauffeur qui lance les anciens Tchana Pierre dans sa vieille radio cassette (oui oui ça existe encore les amis). Les crampes te prennent, partent, te reprennent, partent… tu te baisses, mais tu fais vite de te relever, parce que l’un de tes voisins a eu la géniale idée de lâcher un pet légendaire dont l’odeur ressemble étrangement à celle d’un éléphant mort il y a 2 semaines. Même l’air stresse.

A la maison… Vous aurez remarqué que dans cette folle journée, pas le temps de manger. Et le soir, galère! Ma’a Mado, qui vend les beignets au carrefour, a été déguerpie par le Monsieur qui a le mur derrière elle, sous prétexte que sa fumée noircit sa maison. La mère Bassa qui braise le poisson, comme elle a vu une fille avec son « blanc » a décidé de sortir les prix dignes de la Rue de la Joie… un petit maquereau comme çà à 1500 FCFA. Tu veux te rabattre chez Moussa, pour qu’il te fasse un œuf spaghetti rapidos que tu vas avaler en un temps éclair, mais là encore ERREUR… Sa prière du soir venait de finir, et tu as assisté tout ébahi à comment il grattait ses pieds, enlevant au passage avec ses ongles des gros résidus de saleté (mince! Ce ne sont quand même pas ces doigts-là qui vont faire mes œufs… yeuch!) Mais comme tu es déjà devant sa boutique et que tu as honte, Tu vas faire comment? ‘‘ Wèèèè Moussa, excuse-moi hein! C’est quand j’arrive là que je me rends compte que tu ne vends pas le saucisson!’’ et tu fais demi-tour. Même pour manger, tu stresses. Quand tu réussis, après toute cette journée, toutes ces galères, à te poser pour mettre quelque chose dans ton estomac, le comble : ENEO, le nouvel AES SONEL, coupe le courant. #EneoFail. Tu cherches ton téléphone pour activer la lampe torche qu’il y a dessus, et rien. Tu ne vois pas. Ton téléphone est tombé/perdu/volé. Où? Quand? Comment? Tu commences à bavarder seul, on pense que tu es fou, alors que c’est le stress. Tu repenses direct à ta journée de demain, avec tout ce que çà comporte, sans oublier le complément que tu vas ajouter : t’acheter un nouveau téléphone et reconduire ta puce, un nouveau parcours du combattant dans une journée digne de 24h chrono.

Pour le célibataire lambda, voilà comment on peut définir ce joli mot, le stress. Je ne parle pas de celui qui est donc marié (oula!) ou bien de celui qui a des enfants (Ayayaie!)…

Comprenez donc pourquoi je ris…

PS : je puis vous rassurer que je n’ai pas stressé en écrivant ce billet… Mais je stresse en attendant vos réactions


C’est reparti !

Anna¹ ne veut pas quitter son lit ce matin. Il est 5 heures quand son père frappe à sa porte, avec une voix grave : « Anna, réveille-toi! C’est le jour des classes ». Mais Anna veut encore une fois faire la grasse matinée. On a l’impression que les coups sur la porte la font sortir de l’élan d’un de ces doux rêves qu’elle et sa conscience connaissent… Mais sa mère n’est pas de cet avis. Elle sort, spatule en main, ouvre la porte comme Xena la guerrière, et assène quelques coups aux fesses de notre jeune Anna. Toute en pleurs, elle réveille le quartier… « Va te laver ! Paresseuse ! » et Anna file dans la douche (tu imagines la douleur, multipliée quand l’eau glacée de la douche touche ses fesses… Aïe!)

Bruno lui, est tout excité : le gars s’est même réveillé… avant le réveil. Tout le monde était au courant qu’il se lavait, et pour cause : il reprenait, sous la douche, du X-Maleya : « Bouge ton corps si tu aimes… 1, 2, 3… on descend, on descend…» Ce sont ses propres parents qui cette fois-ci viennent tambouriner à la porte pour lui demander de se taire… Mais Bruno est tout joyeux, tout excité; c’est un petit gars heureux…

Stéphane, lui, est tout confus. Dimanche, la veille, dame pluie a fait des siennes; même pas un brin de soleil dehors. Sa tenue est encore mouillée ce matin. Il pense à la honte du matin, quand il sera avec ses amis. Que faire? Il surchauffe à bloc le fer à repasser, et essaye de sécher son habit, en espérant que sa température corporelle fasse le reste…

Source: .étudiants-ados.com ©
Source : .étudiants-ados.com ©

Vous l’aurez compris chers lecteurs, Anna, Bruno et Stéphane s’apprêtent à reprendre le chemin des classes : c’est la rentrée. Pour certains, c’est un moment de joie, de grandes retrouvailles entre amis, avec la maman du pain haricots spaghettis de la récréation, avec la jolie prof/maîtresse qui nous plaît beaucoup, avec le gourou du portail et sa balafre au visage qui nous pousse toujours à être à l’heure. Mais pour d’autres, c’est la fin… euh comprenez, la fin d’un cycle, un cycle où la vie était simple, un vrai paradis :

  • Réveil à 11 h
  • Petit-déjeuner
  • Télévision à gogo, vautré dans le fauteuil au salon, faisant le tour des Disney Chanel, Disney Cinemagic, Tiji, Teletoon, Nollywood (vous aurez remarqué, pas de chaînes d’infos, même pas la CRTV)
  • Ballades, Jeux de billes, où la Play Station (génération VIP, fini : le pousse-pion, le paradis, ou le mbang)
  • Dîner
  • Télévision (encore)

Fini aussi, les stages de vacances qui se faisaient au marché. La réalité, c’est que la densité de la population au marché augmente…pendant les vacances, et quoi de plus logique : les jeunes élèves venaient « tuer le temps » au marché avec différentes activités/occupations : porteurs de sacs, pousseurs, vendeurs à la sauvette, braiseurs de plantain prune, démarcheurs, etc. Ces stages, pour la majeure partie, étaient des activités qui permettaient de ramener un peu de sous à la maison afin d’aider les parents à gérer le stress de cette rentrée calamiteuse, marquée quelques temps avant par l’augmentation des prix du gaz, du carburant.

Pour moi ce matin, ce n’est pas la rentrée. Ah oui! Tout de même, je rentre aussi… au travail. Mais je la vis cette rentrée, à fond même.

  • On est revenu aux bonnes vieilles habitudes au niveau des boutiques de mon quartier. La maman d’Anna a acheté un pain chocolat de 75 chez Francine, la vendeuse du coin. Elle doit le couper en trois et le mettre dans le sac de sa protégée. Pour cause, Ébola est dehors. Elle ne veut même pas que sa fille achète le pain viande à l’école. « La viande là, ça peut être le gibier, on ne sait pas d’où çà sort, pardon que çà excuse ma fille… »
  • A cause de la rentrée, et de ces joyeux loufoques qui vont à l’école, les taxis sont devenus rares en route. Les quelques-uns qui sont disponibles prennent en priorité les jeunes élèves. Oui au Cameroun, c’est une logique implacable, le jeune élève, l’avenir de la nation, qui paye 200, est plus important que le travailleur (le passé de la nation?) qui paye 500… j’ai jamais compris çà. Faut donc se résigner à prendre un benskin… et même là ! Tu dois bâcher, avec un(e) élève : oui oui! N’est ce pas c’est l’avenir de la nation?
  • Sur la moto, tu vis des scènes, mais alors terribles… Nous traversons une école maternelle. Pendant qu’ici, une joyeuse petite poupée dit au revoir à sa maman, l’autre, toute en cris et larmes, ne veut pas quitter les bras de sa mère pour aller en classe : le supplice est insupportable. La mère a beau lui expliquer qu’à midi, elle reviendra la chercher, que non! Elle veut rester avec maman. Il faudra l’aide de la maîtresse pour l’arracher dans les bras de sa mère. Et regardant bien, une larme dégouline aussi de l’œil de la maman. Je repense à mon époque, à ma chère époque, ou papa me menaçait avec la sandalette pour que j’aille à l’école. Les choses ont vraiment changé…
  •  À cause de la rentrée, les embouteillages ont augmenté, et les policiers sont dehors. Ces hommes en tenue, qui curieusement ont la même tenue que les élèves des lycées, font aussi… leur rentrée.  Le matin, c’est la levée des couleurs au commissariat. Et quand le Maître Commissaire vient les voir en classe, pardon, en route, ils le saluent… en donnant le café.
Source: Isabelle Fouapon ©
Source: Isabelle Fouapon ©

En classe, tout se passe bien… Les maîtresses sont reparties pour de longues journées de folie, où des fois elles trouveront bien de quoi se consoler avec le pain chargé des enfants dans leur sac… la vie n’est pas facile, elles vont faire comment? Les maîtres, eux, ont déjà atomisé leurs élèves avec les devoirs. Eric par exemple, fatigué par le boulot, a dû dormir hier à 23 heures, parce qu’il devait apprendre à son fils Habib à « dessiner la lettre a sur la ligne ». Rien que ça!

Ah! Petite anecdote. Le premier jour, Maurane, la fille d’Isabelle, a déjà été évaluée. Et elle a eu… un 10/10. Wouah! Soit elle est super intelligente, soit elle faisait les cours de vacances pendant les vacances. Mais elle est au Cours Élémentaire non? Isabelle, tu as fait quoi à l’enfant comme çà? Ahkié !!!!

¹Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés


Welcome to the Blog Contest

Franchement, je ne me croyais pas capable d’écrire plus de deux articles en l’espace d’une semaine, je veux dire, quelques jours. Mais quand on se rend compte qu’on fait quelque chose qu’on aime, c’est comme si on boit du Red Bull, ça donne des aiiiiiiiiiiiiiiles…

Ma motivation particulière quant à cet écrit, c’est le Blog Contest (#blogcontest). Je suis sûr qu’à la fin de la phrase précédente, vous vous êtes

source: Google ©
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dit : « Mais Dany va encore vous sortir quoi ici ? L’enfant là hein ». Chers lecteurs, aussi normale puisse être votre réaction qu’aussi anormal puisse être le fait que Dany lui-même ne sait pas ce que le #blogcontest lui réserve. Mais, comme dirait l’autre, « Je suis Camerounais, j’aime les lianes le blog ».

Le Blog Contest est une aventure virtuelle qui consiste pour certains jeunes blogueurs à rédiger régulièrement un article sur un thème imposé. Chacun y va de ses connaissances sur le sujet, de sa créativité, de son talent. Autant vous dire, il n’y a pas de mal s’il saupoudre ça avec un peu d’humour et de bonne humeur. Le leitmotiv : faire ressortir son amour pour le blogging (même si ça donne l’impression qu’on veut faire de nous des véritables concepteurs-rédacteurs).

L’histoire du #blogcontest est à peu près comme toutes les histoires de projets bizarrement intéressants qui naissent de nulle part. C’est simple : une bande de potes, qui whatsappent et bloguent, et qui brusquement tout à coup soudain, décident de passer à autre chose, notamment l’écriture.

25 août 2014, Tchoupi (oui chers lecteurs encore lui…  le gars de la LT 246 DI, le gars du parapluie de 1000  F Cfa) poste sur son blog un article qui parle d’une prochaine future rubrique, Inspiré par vous. Sur les 10 réflexions qui suivent l’article, Armelle dès la 3e réflexion ne cache pas son désir de faire du blogging groupé : un thème, tiré sous différents angles, par plusieurs jeunes écrivaillons. Une idée qui est très rapidement adjugée… dès le 5e commentaire. Et voilà comment un groupe Whatsapp voit le jour avec :

  • Elie : The Man : le seul mec que je connais qui est à la fois informaticien, marketiste, communicateur, gestionnaire, aide-menuisier, footballeur, coursier, mapaneur, grincheux, râleur (oui çà fait partie de son bagage)etc. Ça ne vous surprend donc qu’il ait un blog
  • Tchoupi : Jusqu’aujourd’hui, dans mes questions au Seigneur, je me demande pourquoi j’ai rencontré ce gars; le seul mec tchoupiesque aux pensées et actions tchoupisquement tchoupinistiques…
  • Bikanda : L’homme pour qui le bili-bili n’a plus de valeur (çà, c’est le Kamer Road Trip, on joue le jeu). Communicateur de profession, blogueur à ses heures très très perdues (quand j’ai appris qu’il avait un blog, directement le tonnerre a grondé!)
  • Armelle aka Leyopar : Elle, c’est ma liane charmante amie… Certains ont Monica Belluci, Eva Longoria, moi j’ai Armelle Nyobe. C’est tout…pour le moment
  • William : Le mec qui sait tout faire avec Illustrator, même son blog, il veut le désigner comme un site web… on attend
  • Téclaire : Bon, moi je ne la connais pas. Mais du peu que j’ai vu de ses blogs, elle m’a l’air super intéressante, et je sens qu’elle et moi allons bien nous entendre (Armelle c’est pas ce que tu crois hein)
source: Google ©
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Voilà donc notre fameuse équipe de matelots blogueurs avec le capitaine Armelle Nyobe à la barque pour le commandement. Notre objectif : chaque mois, vous faire voir un thème sous 7 angles différents. Le 1er thème est celui du cinéma camerounais. Voulez-vous en savoir davantage ? Rendez-vous le 20 septembre. Stay tuned, and Welcome to the Blog Contest…

 


Douala by rain…

Il y a vraiment des matins comme ça où j’ai une grosse envie de rester sous la couette… je me sens bien, comme dans un paradis. Mais il n’y a que la réalité pour me rattraper et me faire savoir dans quel contexte je vis

– 5 h : réveil du téléphone #1

– 5 h 10 : réveil de la tablette

-5 h 30 : réveil du téléphone #2

Hey ! N’allez pas croire que je suis un gros dormeur – qui a besoin de 3 réveils pour se lever. Mais comme on dit chez nous « on ne connaît pas le caillou qui va tuer l’oiseau » (comme pour dire, on ne connaît pas le réveil qui va lever Dany). Ces jours-ci, mon envie de paresse (qui je suis sûr est celle de beaucoup, même de toi qui me lis) est due à un phénomène un peu particulier ces jours : le come-back de Dame pluie.

Elle, on l’aime : sérieusement elle fait du bien, ça permet au sol de produire, d’avoir un autre climat, à la voiture d’Elie d’être propre, de nettoyer les rigoles. C’est aussi à cette période où l’on conçoit beaucoup plus de bébés… Oh ! Vous me demandez comment je sais çà? Allez à Laquintinie en mai, et venez me dire ce que vous voyez à la maternité. Remontez 9 mois avant, et vous êtes au mois de Dame pluie. Beaucoup de personnes, et je ne le nierai pas, voient en elle une bénédiction et ça me rappelle mes années d’enfance où je me baladais en caleçon avec les voisins en criant « la pluie! la pluie! la pluie! la pluie! »

Les transporteurs aussi l’aiment, notamment mes amis les taximen et les benskinneurs, surtout les « benskinneurs climatisés », ceux qui ont adapté un parapluie sur leurs engins. À l’heure de Dame Pluie, ce sont des rois. Oui chères lectrices et chers lecteurs, la réalité dans ma ville, c’est qu’en temps de pluie, le taxi/le benskin climatisé est l’engin le plus important de l’univers.

Et à ce moment, le chantage sur les prix des tarifs commence. Des propositions faramineuses pour de simples destinations que font les nouveaux boss de la route, sous prétexte qu’il pleut.

Un déluge universel

Crédit photo: Daniel Feze ©

Mais pendant que certains louent les vertus de Dame pluie, d’autres la dénigrent amèrement. Le problème, c’est que chaque fois que celle-ci s’amène, on a toujours la nette impression que c’est une forme de déluge universel comme du temps de Noé qui va s’abattre. Chez certains, ce n’est qu’une impression, chez d’autres c’est la réalité. Je pense surtout à mes amis des « quartiers difficiles » comme Makèpè Missokè, Ndog Bong Ngonguè, Bonabéri. Ceux-là livrent un vrai combat avec Dame pluie. Une seule question se pose dans tous les esprits quand elle arrive : on va s’en sortir? Parce qu’une chose c’est que la pluie tombe, mais une autre c’est les ravages qu’elle va cause. Les cas d’inondation se multiplient avec des pertes énormes, tant en vies humaines qu’en dégâts matériels.

Qu’est- ce que je peux sauver ? me voici bloqué par l’eau, comment vais-je sortir ? Comment les enfants vont-ils aller à l’école ? Wèèèè mon Dieu pourquoi tu nous fais souffrir comme çà ? Obligé à présent de patauger et de dandiner dans une eau jaunâtre qui atteint les cuisses pour certains et les hanches pour d’autres. Il faut à présent se livrer à un vrai parcours du combattant : lits, matelas, canapés; tout est perdu. Dame pluie n’est pas bien !

Je reconnais quand même que Dame pluie constitue aussi un frein pour le développement économique, parce que :

– S’il pleut, et que tu n’as pas de parapluie, ou bien que tu as acheté un parapluie chinois de 1 500 F Cfa (Tchoupi me dit 1 000 F Cfa, Bikanda me dit 700 F Cfa) qui s’est cassé après un petit vent, tu es obligé de t’abriter. Et si tu t’abrites, forcément tu es en retard au boulot. Bonjour l’improductivité au travail, bonjour les demandes d’explications.

– Si le benskin que tu as pris n’est pas climatisé, tu vas seulement t’arrêter… dans une station : pas pour consommer, mais pour t’abriter avec plein d’autres motos taxis. Si tu es sage, bois un verre de coca aladji pour gérer le froid.

Crédit photo: www.yaoundeinfos.com ©

–  Si malgré tout tu as ton parapluie et que tu restes en route pour attendre désespérément le taxi, ta chaussure va se gâter, ton pantalon va se mouiller, tu vas attraper froid, un gars nerveux dans sa Peugeot LT 246 DI va entrer dans une flaque d’eau et te mouiller (alors que vous n’aviez même pas rendez-vous… oui Tchoupi).

En fait, le véritable hic chez nous, ce n’est pas tant Dame pluie. C’est que la plupart des gens construisent… sur un marécage. Donc pour peu qu’il pleuve, et que le lit du fleuve déborde, c’est la catastrophe. Mais il n’y a pas que ça. Les caniveaux et les égouts, de vrais gouffres de déchets, sont tous bouchés, ce qui engendre cette érosion qui écaille les routes et qui est pour la plupart source d’embouteillages. Et on va être surpris que les employés arrivent à 10 h au bureau ?

Il n’y a que Dame Pluie pour nous rappeler que des fois il y a aussi l’été au Cameroun : on travaille moins, on dort plus… Elle n’est pas belle la vie ? Sacrée Dame pluie !

 

 

 

 


Journal d’une fillette qui n’a jamais vu le jour

1ER  JANVIER :

Ma vie a commencé aujourd’hui. Mes parents ne le savent pas encore, mais je suis déjà là. Et je serai une fille. J’aurai les cheveux blonds et les yeux bleus. Tout mon patrimoine est déjà fixé, même mon attirance pour les fleurs.

19 JANVIER :

Certains disent que je ne suis pas encore un être véritable, que seule ma mère existe. Mais je suis une personne bien réelle, de même qu’une petite miette de pain n’en est pas moins du pain. Ma mère existe, c’est une chose, mais moi aussi j’existe.

23 JANVIER :

Ma bouche commence à présent à s’ouvrir. Pensez que dans un an je me mettrai à rire et puis qu’un peu plus tard je parlerai. Je sais que mon premier mot sera : “MAMAN!”

25 JANVIER :

Aujourd’hui, mon cœur s’est mis à battre tout seul. Désormais, il va battre durant toute ma vie sans jamais s’arrêter. Au bout de plusieurs années, il finira par se fatiguer. Quand il s’arrêtera, je mourrai.

2 FÉVRIER :

Je grandis tous les jours un peu plus. Mes bras et mes jambes commencent à prendre forme. Mais il faudra encore du temps avant que maman me serre dans ses bras sans se baisser, et que j’arrive à tenir un bouquet de fleurs et à embrasser papa.

12 FÉVRIER :

Des doigts minuscules commencent à apparaître sur mes mains. Comme ils sont petits! Plus tard, je pourrai caresser les cheveux de maman avec.

20 FÉVRIER :

C’est seulement aujourd’hui que le docteur a dit à maman que j’étais là, sous son cœur. Comme elle doit être contente! Tu es heureuse, dis, maman?

25 FÉVRIER :

Papa et maman doivent sûrement me chercher un prénom. Ils ne savent pas encore que je suis une petite fille. Moi, j’aimerais bien m’appeler Catherine. Je commence déjà à être grande.

10 MARS :

Mes cheveux poussent. Ils sont fins, souples et brillants. Je me demande bien de quelle couleur sont ceux de maman.

13 MARS :

Ça y est; je commence à voir. Tout est sombre autour de moi. Quand maman me mettra au monde, il y aura du soleil et des fleurs. Mais ce qui me plairait le plus, c’est de voir maman. Dis, maman, comment es-tu?

20 MARS :

Je me demande si maman entend les faibles battements de mon cœur. Certains enfants arrivent au monde avec un handicap. Quant à moi, j’ai le cœur solide et en parfaite santé. Il bat régulièrement: boum-pa, boum-pa. Maman, tu as une petite fille en excellente santé!

24 MARS :

Aujourd’hui, ma mère m’a tuée.

Crédit photo: www.afriqueredaction.com